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Pourquoi votre carte de restaurant ne se vend pas ?

Écrit par :
Mathieu Laville
Publié le :
29/7/2026
Modifié le :
30/7/2026
Pourquoi votre carte de restaurant ne se vend pas ?

Votre carte répond-elle encore aux attentes de vos clients ?

Faire le point sur ma carte

En bref

  • Une carte trop large peut compliquer le choix du client et désorganiser la production.
  • Les intitulés, les descriptions et la hiérarchie de l’offre influencent directement les commandes.
  • Un prix économiquement cohérent peut être mal accepté si sa valeur n’est pas suffisamment perçue.
  • La carte doit traduire clairement le concept et le positionnement du restaurant.
  • Les volumes de vente doivent être croisés avec les marges et les contraintes de production.
  • Les équipes jouent un rôle déterminant dans la valorisation des plats.
  • Une carte performante doit être désirable, rentable et réalisable.

Pourquoi votre carte de restaurant ne se vend pas ?

Vous avez travaillé vos recettes, sélectionné de bons produits, soigné les assiettes et fixé des prix qui vous semblent cohérents. Pourtant, lorsque vous analysez les ventes, le constat peut être frustrant : certains plats sortent très peu, quelques références concentrent l’essentiel des commandes et des nouveautés que vous pensiez prometteuses ne rencontrent finalement pas leur public.

Les clients hésitent parfois longtemps devant la carte. Les équipes doivent régulièrement expliquer certaines propositions et, malgré la qualité du travail réalisé en cuisine, l’offre ne se vend pas comme vous l’aviez imaginé.

Dans cette situation, le premier réflexe consiste souvent à remettre en cause la recette. Pourtant, un plat qui ne se vend pas n’est pas nécessairement un mauvais plat. Le problème peut se situer ailleurs : dans son intitulé, sa description, son prix, sa place sur la carte, la manière dont il est présenté ou sa cohérence avec le reste de l’offre. Il peut aussi simplement ne pas correspondre suffisamment aux attentes de votre clientèle.

C’est un phénomène que j’observe régulièrement lorsque j’analyse une offre de restauration : les difficultés viennent rarement d’un seul élément. Une carte forme un ensemble. Elle doit donner envie, rassurer, faciliter le choix, traduire le concept et contribuer à la rentabilité de l’établissement.

Avant de créer de nouvelles recettes ou de baisser vos prix, il est donc essentiel de comprendre pourquoi votre carte ne se vend pas comme vous l’espériez.

1. Votre carte propose trop de choix

C’est probablement l’une des situations les plus fréquentes. Au fil du temps, les plats s’accumulent. On ajoute une salade parce que plusieurs clients l’ont demandée, un burger parce que ce type de produit fonctionne bien, une option végétarienne, une suggestion qui finit par devenir permanente ou encore un plat conservé pour quelques habitués.

Quelques années plus tard, la carte compte parfois 40, 50 ou 60 références. Le raisonnement paraît logique : plus le choix est important, plus il semble facile de satisfaire un maximum de clients. Dans la réalité, l’effet peut être exactement inverse.

Une offre trop large complique la décision. Le client lit, compare, revient en arrière, hésite entre plusieurs catégories et finit parfois par choisir la proposition la plus rassurante plutôt que celle que vous souhaitiez réellement mettre en avant. Lorsqu’il ne comprend pas rapidement la spécialité du restaurant, il se réfugie généralement vers un produit connu, facilement identifiable et dont la prise de risque lui paraît limitée.

Cette complexité se retrouve également en cuisine. Plus le nombre de références augmente, plus vous devez acheter de produits différents, multiplier les préparations, gérer du stockage et maintenir une régularité difficile à garantir. Les ingrédients utilisés pour une seule recette tournent moins rapidement, les risques de perte progressent et l’organisation de la mise en place devient plus lourde.

Une carte trop étendue peut ainsi donner l’impression d’offrir davantage de possibilités tout en dégradant simultanément l’expérience du client, la qualité d’exécution et la rentabilité.

Une bonne carte ne cherche donc pas nécessairement à proposer beaucoup de choix. Elle cherche surtout à proposer suffisamment de choix pertinents, cohérents avec le concept, les attentes de la clientèle et les capacités réelles de production.

2. Votre offre manque de hiérarchie

Imaginez une carte sur laquelle tous les plats sont présentés exactement de la même manière : même typographie, même longueur de description, même niveau de détail et aucun repère permettant d’identifier les spécialités de la maison.

Dans ce cas, le client doit lui-même déterminer ce qui mérite son attention. C’est une occasion manquée, car toutes les références n’ont pas nécessairement le même rôle. Certaines constituent des produits d’appel, d’autres présentent une marge particulièrement intéressante, tandis que quelques plats incarnent très fortement l’identité de l’établissement.

La structure de la carte doit permettre au client de comprendre cette hiérarchie rapidement. Cela ne signifie pas qu’il faut entourer, colorer ou surcharger toutes les références les plus rentables. Une mise en page trop insistante peut paraître artificielle et produire l’effet inverse de celui recherché.

La hiérarchie peut être créée plus subtilement par l’organisation des catégories, l’ordre des plats, les espaces, la typographie, la longueur des descriptions ou la présence d’une indication sobre comme « signature de la maison ».

Un restaurant spécialisé dans une cuisine méditerranéenne, par exemple, devrait pouvoir faire émerger en quelques secondes les préparations qui incarnent réellement son identité. Si ses plats distinctifs sont noyés entre des références génériques, le client risque de passer à côté de ce qui justifie pourtant le choix de cet établissement.

Posez-vous une question simple : si un client ne devait commander qu’un seul plat pour comprendre votre restaurant, lequel serait-ce ?

Si vous avez du mal à répondre, votre client risque lui aussi d’avoir des difficultés à comprendre ce qui rend réellement votre offre particulière.

3. Les intitulés de vos plats ne donnent pas suffisamment envie

Le nom d’un plat joue un rôle plus important qu’on ne l’imagine dans la décision du client. Avant de goûter la recette ou d’observer son dressage, celui-ci découvre quelques mots qui doivent lui permettre de comprendre la proposition et de se projeter dans l’assiette.

Prenons deux formulations : « Poulet rôti – légumes – jus » et « Suprême de poulet rôti, légumes de saison, jus aux herbes ».

La recette peut être très proche, mais la perception n’est pas la même. Le second intitulé donne davantage de relief au plat, précise sa composition et suggère un niveau de travail supérieur sans devenir excessivement long.

Une provenance, une variété ou une méthode de cuisson peut également renforcer la valeur perçue, à condition que l’information soit réelle, différenciante et cohérente avec le positionnement. Mentionner systématiquement l’origine de chaque ingrédient n’a pas d’intérêt si cela alourdit la lecture sans apporter de valeur au client.

À l’inverse, il faut éviter l’accumulation de termes techniques ou de formulations volontairement énigmatiques. Une description très sophistiquée peut créer de la distance et obliger l’équipe à traduire chaque proposition. La créativité ne doit pas se faire au détriment de la compréhension.

Un bon intitulé trouve le juste équilibre entre clarté, gourmandise et identité. Il doit donner envie tout en permettant au client de comprendre ce qu’il s’apprête à commander.

4. Vos descriptions sont trop longues… ou inexistantes

Deux extrêmes reviennent régulièrement sur les cartes.

D’un côté, des intitulés extrêmement simples : « Burger maison — 18 € »

De l’autre, plusieurs lignes détaillant l’origine de chaque ingrédient, les différentes étapes de cuisson, les sauces et l’ensemble des accompagnements.

Aucune de ces deux approches n’est nécessairement optimale. Une description trop courte ne permet pas toujours de comprendre ce qui différencie le plat. Une description trop longue surcharge la lecture, ralentit la décision et place toutes les informations au même niveau.

La description doit donner suffisamment d’éléments pour faciliter le choix sans reproduire la fiche technique. Elle peut mettre en avant les ingrédients structurants, un mode de cuisson intéressant, une sauce signature, une provenance lorsqu’elle apporte réellement de la valeur ou un élément distinctif de la recette.

La quantité d’informations nécessaire dépend également de la nature de l’établissement. Un bistrot proposant des plats connus peut rester relativement concis. Un concept plus créatif ou reposant sur des influences culinaires moins familières devra parfois apporter davantage d’explications.

Dans tous les cas, chaque mot doit avoir une fonction : informer, rassurer, différencier ou donner envie. Le but n’est pas de tout raconter. Le but est d’aider le client à choisir.

5. Vos prix sont cohérents économiquement, mais pas commercialement

C’est un point particulièrement important, car un prix peut être parfaitement justifié par le coût matière tout en étant difficilement accepté par le client.

Pourquoi ? Parce qu’un prix ne se juge jamais seul. Le client le compare à ce qu’il perçoit dans l’ensemble de son expérience : le produit, la quantité, le dressage, le cadre, le service, la réputation de l’établissement, les autres prix présents sur la carte et les alternatives disponibles autour de lui.

Prenons un exemple volontairement simple. Un restaurateur calcule qu’il doit vendre un plat 26 € pour préserver sa marge. Le calcul est correct. Pourtant, le client estime spontanément que cette proposition « vaut » plutôt 20 ou 22 €.

Le problème ne vient alors pas nécessairement du prix. Il peut venir de la valeur perçue.

Il faut comprendre ce qui permet de justifier ces 26 € : la qualité du produit, la générosité, le dressage, l’accompagnement, la présentation sur la carte, le service, le cadre ou encore le positionnement général du restaurant. Si ces éléments ne sont pas suffisamment perceptibles, le client compare uniquement le prix à celui d’un plat apparemment similaire.

Baisser le prix n’est donc pas systématiquement la bonne solution. Cette décision pourrait même dégrader la marge sans résoudre le problème de fond. Avant de la prendre, il est souvent plus pertinent de comprendre pourquoi la valeur de la proposition n’est pas suffisamment perçue.

Le travail sur la carte doit alors être relié à la maîtrise du coût matière. L’enjeu n’est pas seulement de calculer un coefficient, mais de construire une offre dont le prix reste à la fois rentable pour l’entreprise et acceptable pour le client.

6. Votre carte essaie de parler à tout le monde

Burger, poke bowl, risotto, tacos, salade César, entrecôte, pad thaï et pizza : pris séparément, chacun de ces plats peut être très bon. Mais quelle histoire racontent-ils ensemble ?

C’est là qu’apparaît une problématique qui dépasse largement la carte elle-même : celle du positionnement.

À force de vouloir ne perdre aucun client, certains établissements construisent progressivement une offre si large qu’elle ne correspond plus vraiment à personne. Le restaurant devient difficile à définir, sa promesse perd en lisibilité et sa communication se complique.

Cette dispersion produit aussi des conséquences opérationnelles. Chaque univers culinaire peut nécessiter des ingrédients, des préparations, des équipements et des compétences différents. La carte devient difficile à exécuter avec régularité et la mutualisation des produits diminue.

Une offre performante doit répondre à quelques questions essentielles : pour qui cuisine-t-on ? À quelle occasion de consommation ? À quel niveau de prix ? Avec quelle promesse ? Et surtout, pourquoi le client viendrait-il ici plutôt qu’ailleurs ?

Cette réflexion est au cœur de la création d’un concept de restaurant. Une carte ne doit pas être une simple succession de plats susceptibles de plaire au plus grand nombre. Elle est la traduction culinaire d’un positionnement et doit permettre au client de comprendre rapidement la proposition de l’établissement.

Faire des choix ne revient pas nécessairement à exclure une partie de la clientèle. Cela permet surtout de devenir plus identifiable et plus désirable auprès des clients que l’on souhaite réellement attirer.

7. Votre carte et votre concept ne racontent pas la même histoire

C’est un sujet auquel j’accorde beaucoup d’importance, car une offre Food & Beverage ne fonctionne jamais complètement seule.

Imaginez un restaurant dont l’identité visuelle, la décoration et la communication promettent une expérience contemporaine, décontractée et facilement identifiable. Vous ouvrez ensuite la carte et découvrez une offre extrêmement traditionnelle, très large et presque interchangeable avec celle de dizaines d’autres établissements.

Il y a une rupture.

Cette rupture peut également fonctionner dans l’autre sens. Une carte particulièrement créative aura du mal à exprimer tout son potentiel si le décor, le service ou la communication ne permettent pas au client de comprendre cette ambition. Une assiette haut de gamme servie dans un environnement qui ne soutient pas son positionnement rencontrera nécessairement une limite en matière de valeur perçue.

La cohérence doit exister entre le concept, l’identité visuelle, l’architecture, la décoration, la musique, l’accueil, le service, l’offre Food & Beverage, les prix et la communication.

C’est cette vision que j’appelle chez Foodexplora le Design Global. Chaque élément doit renforcer les autres et participer à une promesse commune.

La carte n’est donc pas un document isolé posé sur une table. Elle fait pleinement partie de l’expérience client. Son vocabulaire, sa mise en page, ses matériaux, ses prix et la nature des plats proposés doivent raconter la même histoire que le lieu.

Lorsqu’un décalage apparaît, retravailler uniquement les recettes ne suffit pas toujours. Il faut parfois réinterroger plus largement le concept de restaurant et la manière dont il est perçu par la clientèle.

8. Vous ne savez pas réellement ce qui se vend

Une impression n’est pas une analyse.

« Les clients aiment beaucoup ce plat. »

« Celui-là marche plutôt bien. »

« Celui-ci, on en vend moins. »

Ces observations peuvent être intéressantes, mais elles ne suffisent pas pour piloter une carte. Un plat peut être fréquemment cité par les clients sans représenter un volume important. Un autre peut sembler populaire parce que l’équipe le recommande beaucoup, alors que sa performance reste moyenne sur l’ensemble des services.

Votre logiciel de caisse contient généralement une quantité importante d’informations. Il permet notamment d’analyser le nombre de ventes par référence, le chiffre d’affaires généré, les performances par catégorie et les évolutions selon les jours, les périodes ou les services.

Ces données doivent ensuite être croisées avec le coût matière et la marge de chaque plat afin de comparer deux dimensions fondamentales : la popularité et la contribution économique. C’est l’un des principes du menu engineering.

Un plat très vendu n’est pas nécessairement très rentable. Il peut utiliser un produit coûteux, nécessiter beaucoup de main-d’œuvre ou générer des pertes importantes. À l’inverse, une référence disposant d’une bonne marge mais rarement commandée peut représenter une opportunité commerciale sous-exploitée.

Dans ce second cas, la suppression n’est pas toujours la meilleure décision. Il peut être plus pertinent de retravailler l’intitulé, la description, le prix, le dressage, la place sur la carte ou la manière dont l’équipe le recommande.

L’analyse doit aussi porter sur l’équilibre des catégories. Une carte peut sembler fonctionner globalement alors que les entrées sont très peu commandées, que l’offre de desserts ne favorise pas la poursuite du repas ou que les boissons sont insuffisamment reliées aux plats. Ces déséquilibres peuvent limiter le ticket moyen sans être immédiatement visibles lorsque l’on observe uniquement le chiffre d’affaires global.

L’enjeu consiste donc à sortir du ressenti pour entrer dans une véritable logique de pilotage. Cette analyse ne remplace pas l’expérience du restaurateur : elle lui permet de prendre des décisions plus précises.

9. Vous confondez parfois vos goûts avec ceux de vos clients

C’est humain. Lorsque l’on crée une recette dont on est fier, on souhaite qu’elle rencontre son public. Et lorsqu’elle se vend peu, on cherche parfois de nombreuses explications avant d’accepter la plus simple : les clients n’en veulent peut-être pas suffisamment.

Cela ne signifie pas nécessairement que la recette est mauvaise. Elle peut simplement ne pas correspondre au moment de consommation, être trop éloignée des habitudes de la clientèle, être difficile à comprendre ou encore être mal positionnée en matière de prix.

Un plat très créatif peut parfaitement fonctionner dans un restaurant de destination le soir et rencontrer davantage de difficultés dans un établissement fréquenté principalement pour un déjeuner rapide. La recette est identique, mais l’occasion de consommation, le temps disponible et le niveau d’engagement du client ne sont pas les mêmes.

Les attentes exprimées par les clients doivent également être interprétées avec prudence. Quelques demandes répétées ne suffisent pas toujours à justifier l’ajout permanent d’une référence. Il faut ensuite vérifier si cette proposition génère réellement des ventes et si elle s’intègre correctement dans l’organisation.

Créer ou optimiser une carte nécessite donc de conserver un équilibre entre conviction personnelle et observation du marché. Le restaurateur apporte une vision, une identité et une proposition. Le client, lui, vote quotidiennement avec ses commandes.

10. Vos équipes ne vendent pas suffisamment votre carte

Une carte ne se vend pas uniquement sur papier. Elle se vend aussi en salle.

Un serveur qui connaît parfaitement l’offre peut orienter naturellement le client en quelques secondes :

« Si vous aimez les plats assez gourmands, je vous conseille celui-ci. C’est vraiment l’une des signatures de la maison. »

Cette recommandation peut faire toute la différence. Elle rassure le client, simplifie son choix et valorise les propositions que l’établissement souhaite mettre en avant.

Pour y parvenir, les équipes doivent avoir goûté les plats, comprendre leur composition, connaître les différences entre les propositions et savoir quelles références constituent les signatures de la maison. Elles doivent également pouvoir répondre simplement aux questions sur les principaux ingrédients, les accompagnements, les modes de cuisson et les allergènes.

La formation à la carte ne devrait donc jamais se limiter à distribuer un document quelques minutes avant le premier service. Une dégustation, une présentation des intentions culinaires et des mises en situation permettent aux équipes de parler de l’offre avec davantage de précision et de sincérité.

La disponibilité et la régularité des plats jouent également un rôle. Lorsqu’une référence est fréquemment indisponible ou que son exécution varie d’un service à l’autre, les serveurs finissent par hésiter à la recommander. Le plat paraît alors moins populaire, alors que sa faible performance provient en partie d’un manque de confiance interne.

Les équipes sont les premières ambassadrices de l’offre, mais leurs retours constituent aussi une source d’information précieuse. Elles entendent les hésitations, les incompréhensions et les objections des clients. Les associer à l’analyse de la carte permet souvent d’identifier des difficultés invisibles dans les seules données de caisse.

11. Vous ne faites jamais évoluer votre carte

Une carte performante aujourd’hui ne le restera pas automatiquement. Les prix des matières premières évoluent, les habitudes de consommation changent, les attentes progressent et de nouveaux concurrents apparaissent. La clientèle elle-même peut se transformer progressivement.

Pourtant, certains restaurants conservent quasiment la même offre pendant de nombreuses années. Les prix sont parfois augmentés pour compenser la hausse des coûts, mais la structure de la carte, les recettes et la valeur proposée ne sont jamais réellement réexaminées.

L’objectif n’est évidemment pas de suivre toutes les tendances ni de changer constamment de direction. Un restaurant a besoin de stabilité, de repères et de plats signatures. Une évolution permanente finirait par brouiller l’identité et compliquer inutilement l’exploitation.

Mais l’établissement doit régulièrement questionner son offre. Qu’est-ce qui fonctionne toujours ? Qu’est-ce qui commence à s’essouffler ? Quelles références méritent d’être retravaillées ? Quels plats ne correspondent plus au positionnement actuel ? Quelles évolutions de la clientèle doivent réellement être prises en compte ?

Les ventes, les marges et les retours des équipes peuvent être suivis tout au long de l’année. Une analyse plus complète devient particulièrement utile à chaque changement de saison, évolution importante des coûts, modification du positionnement ou transformation de la clientèle.

Faire évoluer sa carte ne signifie pas perdre son identité. Au contraire, cela permet souvent de préserver ce qui fait la force du restaurant tout en restant pertinent face aux nouvelles attentes. Cette réflexion rejoint plus largement les évolutions des habitudes de consommation en restauration : il ne s’agit pas de suivre chaque nouveauté, mais de comprendre les transformations qui ont un effet réel sur son établissement.

Une carte performante doit réussir trois choses en même temps

C’est probablement le point essentiel à retenir.

Une bonne carte doit être :

  • désirable pour le client ;
  • rentable pour l’entreprise ;
  • réalisable efficacement par les équipes.

Ces trois dimensions sont indissociables.

Si la carte est rentable mais ne donne pas envie, elle ne se vend pas. Si elle donne envie mais ne génère pas suffisamment de marge, le restaurant travaille beaucoup sans créer assez de valeur. Et si elle est séduisante et rentable sur le papier mais trop complexe à produire, l’exploitation finit par souffrir.

La performance se situe donc à l’intersection de ces trois enjeux.

Cette approche oblige à observer chaque plat sous plusieurs angles. Sa recette est-elle attractive ? Son prix est-il compris et accepté ? Génère-t-il une marge suffisante ? Les ingrédients peuvent-ils être mutualisés avec d’autres préparations ? Sa production reste-t-elle maîtrisable pendant les périodes de forte activité ? Les équipes savent-elles le présenter et le réaliser avec régularité ?

C’est précisément pour cette raison que l’optimisation d’une carte ne peut pas se résumer à supprimer deux plats, augmenter trois prix ou réécrire quelques intitulés. Elle doit relier l’attractivité commerciale, l’expérience client, l’organisation de la production et le modèle économique.

Comment savoir si votre carte doit être retravaillée ?

Certains signaux doivent vous alerter :

  • les clients hésitent très longtemps avant de commander ;
  • les serveurs doivent constamment expliquer l’offre ;
  • une poignée de plats concentre l’immense majorité des ventes ;
  • plusieurs ingrédients sont achetés pour une seule recette ;
  • certaines références présentent une bonne marge mais sont rarement commandées ;
  • les ruptures ou indisponibilités sont fréquentes ;
  • l’exécution de certains plats manque de régularité ;
  • la carte s’est considérablement allongée au fil des années ;
  • les entrées, les desserts ou les boissons contribuent peu au ticket moyen ;
  • des écarts importants apparaissent entre les coûts théoriques et les coûts réels ;
  • les équipes elles-mêmes ont du mal à expliquer ce qui fait la particularité du restaurant.

Parfois, le signal est beaucoup moins mesurable. C’est simplement cette sensation que de nombreux restaurateurs connaissent : « Notre carte est bonne, mais elle manque de quelque chose. »

Dans ce cas, ne commencez pas nécessairement par créer de nouveaux plats. Commencez par analyser ce qui existe déjà : les ventes, les marges, les retours clients, la perception des prix, le travail demandé aux équipes et la cohérence de l’offre avec le concept.

Un audit restaurant peut notamment permettre de déterminer si les difficultés viennent uniquement de la carte ou si elles révèlent une problématique plus globale de positionnement, d’organisation, d’expérience client ou de rentabilité.

Comment Foodexplora peut vous accompagner

Lorsqu’une carte ne se vend pas comme prévu, le problème vient rarement d’un seul élément. Il peut s’agir d’un positionnement devenu flou, d’une offre trop large, de prix dont la valeur est mal perçue, d’une lecture compliquée ou d’une organisation qui alourdit inutilement l’exploitation.

Selon votre situation, Foodexplora peut intervenir à travers :

Création de l’offre Food & Beverage

Pour construire ou repenser une carte cohérente avec votre concept, les attentes de votre clientèle, les contraintes de votre établissement et vos objectifs de rentabilité.

Recherche & Développement de la carte

Pour analyser les performances de l’offre, optimiser les recettes, travailler les intitulés et les prix, structurer les fiches techniques et identifier les plats à valoriser, faire évoluer ou supprimer.

Audit restaurant

Lorsque les difficultés rencontrées sur la carte révèlent des problématiques plus larges liées au positionnement, à l’expérience client, à l’organisation ou à la performance économique de l’établissement.

L’objectif reste toujours le même : concevoir une carte qui donne envie aux clients, simplifie le travail des équipes et contribue durablement à la rentabilité du restaurant.

Conclusion

Si votre carte de restaurant ne se vend pas comme vous l’espériez, ne concluez pas trop rapidement que vos plats ne sont pas bons.

Le problème peut être beaucoup plus subtil : trop de choix, une offre difficile à comprendre, un positionnement flou, des prix dont la valeur est mal perçue, des descriptions peu engageantes, une absence de hiérarchie, une équipe qui ne maîtrise pas suffisamment l’offre ou encore une carte qui ne correspond plus aux attentes de vos clients.

Avant d’ajouter de nouvelles recettes ou de baisser vos prix, prenez le temps d’observer les données, le comportement de vos clients, les retours de vos équipes et la cohérence globale de l’établissement.

Une carte performante n’est pas celle qui propose le plus de choses. C’est celle qui permet au client de comprendre rapidement où il se trouve, ce que le restaurant fait de particulier et ce qu’il a réellement envie de commander.

Lorsqu’elle parvient à aligner cette envie avec les contraintes opérationnelles et économiques de l’établissement, la carte cesse d’être une simple liste de plats. Elle devient un véritable outil de positionnement, d’expérience client et de performance.

Votre carte répond-elle encore aux attentes de vos clients ?

Certains plats se vendent peu, votre offre manque de lisibilité ou vous souhaitez mieux maîtriser sa rentabilité ? Présentez-moi votre établissement et les difficultés rencontrées afin d’identifier les principaux leviers d’optimisation de votre carte.

Vous avez des questions ?

Pourquoi certains plats de mon restaurant ne se vendent-ils pas ?

Un plat peu vendu n’est pas nécessairement mauvais. Son prix, son intitulé, sa description, son emplacement sur la carte ou sa cohérence avec votre clientèle peuvent limiter ses ventes. Analysez simultanément son volume de commandes, sa rentabilité et la manière dont il est présenté avant de décider de le supprimer.

Combien de plats faut-il mettre sur une carte de restaurant ?

Il n’existe pas de nombre idéal valable pour tous les restaurants. Cela dépend du concept, des capacités de production et de la clientèle. L’objectif est surtout d’éviter les références qui complexifient les achats et la production sans générer suffisamment de ventes ou de valeur pour le client.

Qu’est-ce que le menu engineering ?

Le menu engineering consiste notamment à analyser les plats selon leur popularité et leur contribution économique afin de prendre de meilleures décisions sur la carte. Il aide à identifier les références à valoriser, retravailler ou supprimer. Cette analyse doit néanmoins rester liée au positionnement, aux contraintes opérationnelles et à l’expérience client.

Comment savoir quels plats supprimer de ma carte ?

Croisez plusieurs critères : volume de ventes, marge, coût matière, complexité de production, ingrédients spécifiques nécessaires et importance du plat dans l’identité du restaurant. Une référence peu vendue et peu rentable nécessitant plusieurs produits spécifiques constitue généralement un bon candidat à la suppression ou à une refonte.